Millénium, du livre à l’adaptation, de la Suède aux USA

Millenium  : les hommes qui n’aimaient pas les femmes, t.1, Stieg Larsson, Actes Sud, 576 p.

Je profite de la sortie de l’adaptation américaine pour déterrer un post d’un vieux blog et pour vous parler du premier roman de la trilogie Millenium de Stieg Larsson que j’ai lu il y a quelques temps déjà

Résumé

Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans.
Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire. A la fin de ce volume, le lecteur se doute qu’il rencontrera à nouveau les personnages et la revue Millenium.

Le reste

(chronique de mai 2009) J’ai eu un peu peur en abordant ce roman. Tout le monde en parlait mais pour avoir tenter d’autres lectures dans le genre, il me semble souvent difficile d’aborder les romans étrangers quand on ne connait vraiment pas la culture du pays. Et je ne vais pas mentir, les 50 premières pages n’ont pas été faciles. Mais l’écriture de Stieg Larson emporte assez vite le lecteur. La force de ce roman est clairement dans ses personnages. L’intrigue policière m’a beaucoup fait pensé au genre du Dalhia noir. L’intrigue tient en partie à la noirceur et au secret des personnages. Ce que j’ai beaucoup aimé aussi dans ce premier opus c’est que l’histoire ne se termine pas avec le dénouement de l’affaire policère, mais c’est l’affaire Wennestrom qui ouvre et clôt l’histoire. Puis il faut être honnête, les personnages de Lisbeth et Mikael sont attachants et attisent la curiosité à la fois.

Le film, version américaine
Millénium, 2012, David Fincher, avec Daniel Craig et Rooney Mara

Je ne remets pas le résumé de l’histoire surtout que le film respecte très bien le roman. J’avais déjà beaucoup aimé l’adaptation suédoise mais pour une fois c’est une adaptation américaine très réussie. Daniel Craig et Rooney Mara reprennent avec brio les personnages de Mikaël et Lisbeth. On retrouve la noirceur du roman dans le film. Le seul hic du film… Ils ont bien placé l’action en Suède mais tout est écrit en anglais sur les livres, les sites internet, la télé. Ce n’est qu’un détail mais cela m’a sauté aux yeux. J’ai apprécié la mise en archives audiovisuelles des scènes des années 60 et la recherche de Lisbeth dans les archives de l’entreprise Vanger….. Ah ! J’adore les archives.

 En attendant le film, je lisais l’ombre du vent de Zafon.

Sherlock Holmes, le grand rex, une avant-première

Sherlock Holmes 2, a game of shadows. Guy Ritchie avec Robert Downey jr. et Jude Law, 2012

Jeudi, au Grand Rex (je vais devenir une habituer des évènements chez eux), avait lieu l’avant-première du second opus cinématographique de Sherlock Holmes en présence de Guy Ritchie et Jude Law. Avec cette affiche je n’ai pas hésité une seconde et j’ai pris des places pour Craklou et moi.

Un peu de queue, puis installation dans la salle. Les caméras installées à l’extérieur transmettaient sur l’écran de la salle pour ne pas rater une miette de l’arrivée de l’équipe.

Donc voilà pour le côté glamour.

On a vu Guy Ritchie et Jude Law. Ils nous ont raconté une ou deux anecdotes (ils ont rappelé leur collaboration pour la pub Dior Homme), puis ils ont laissé la place à l’écran.  Maintenant, place au film.

Résumé

Le moment est venu de la rencontre entre Sherlock Holmes et Moriarty. Partout dans le monde, la presse s’enflamme : on apprend ainsi qu’en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu’en Chine un trafiquant d’opium est décédé, en apparence, d’une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne et qu’aux Etats-Unis, un baron de l’acier vient de mourir… Les anarchistes selon la presse, Moriarty selon Sherlock. La lutte commence entre deux génies commence.  Watson qui se marie est entrainé malgré lui dans cette lutte.

Le reste

Allez -y. Non pas juste pour Robert et Jude (mais ça aide bien sûr) mais pour le film. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. L’histoire n’est qu’inspirée des romans (le film ne correspond pas à un roman de Conan Doyle) mais quelques scènes clés sont bien présentes. Comme dans le premier opus, j’ai beaucoup apprécié le Bande Originale (le thème du premier Sherlock Holmes est repris et c’est un bon point) mais surtout l’esthétisme visuel du film : les ralentis, les scènes d’actions, les costumes. La présence du frère de Sherlock Holmes est un plus pour le film car il multiplie les personnages secondaires. Bon, c’est un peu dur de voir une bombe exploser à côté de la cathédrale de Strasbourg, mais je veux bien me porter volontaire pour tester les tenues de camouflage de Sherlock.

Un bon film pour passer un bon moment. Maintenant je peux me lancer dans la saison 2 de Sherlock Holmes par la BBC.

Et avec tout ça je pense que c’est le moment d’attraper l’intégrale de Sherlock Holmes que j’ai rapporté d’un de mes voyages londoniens.

The Libertines, There are no Innocent Bystanders de Roger Sargent

The Libertines, There are no Innocent Bystanders de Roger Sargent, Pulse Film, 85 mn.

En ce moment se déroule le cycle London Calling au Forum des Images (je ne peux que vous conseiller de vous rendre  dans ce lieu). A cette occasion ils diffusaient en avant-première le documentaire de Roger Sargent sur les Libertines en sa présence (je parsème le résultat de l’échange après le visionnage dans mon post).  Roger Sargent a filmé le groupe The Libertines lors de répétitions en studio, et suivi la réunion du groupe légendaire, séparé depuis 2006, pour une série de concerts en 2010. Des interviews, filmées  dans le East End londonien, complètent ce document exceptionnel, tourné par le photographe phare de la scène musicale anglaise.

Quand un photographe du NME qui connait un groupe mythique tel que les Libertines depuis leur début achète deux caméras (avec la réputation du groupe, aucune boîte de production n’a voulu financé le tournage), le résultat est une réussite.

En 2010, Les Libertines se sont reformés pour deux concerts. A cette occasion, on a demandé à Roger Sargent de faire un documentaire sur ces retrouvailles. Tout le monde préférait que ce soit un proche du groupe qui prenne la caméra. Et le résultat s’en ressent car Roger Sargent a puisé dans ses archives pour alimenter le documentaire. Comme le photographe nous l’a dit lui-même, les archives sur les libertines sont parsemées et de mauvaises qualités. Donc il a puisé dans les nombreuses photographies qu’il a pris du groupe.

Le documentaire allie trois éléments : l’esthétisme, l’émotion, la musique. Car il faut le dire, le documentaire au-delà de l’histoire des retrouvailles d’un grand groupe de rock raconte l’histoire d’amour entre deux génie Pete Doherty et Carl Barat. Les interviexs laissent beaucoup plus de place à Carl, mais Roger Sargent a une relation privilégié avec ce dernier, et enfin de compte on comprend plus Pete Doherty par d’autre biais. Roger Sargent nous a d’ailleurs dit qu’il voulait parler du groupe et que l’Angleterre avait déjà beaucoup parlé de Pete Doherty.

Ce que j’ai adoré dans le documentaire est l’utilisation des archives photographiques. Roger Sargent a utilisé des effets de montages pour mettre les photos en relief et en mouvement.  Ces archives donnaient un style et un esthétisme au documentaire. Photos noir et blanc, couleur, portrait et mouvement, l’âme de la musique capturait. Cela s’ajoutait à l’émotion ressentie dans les interviews et les répétitions. Les tensions passées sont palpables tout au long du documentaire. Mais le résultat, les concerts de 2006, valaient le  coup. Oui, il ne faut pas oublier que le fond musical du documentaire   est composé par la musique du groupe. Le seul bémol, un peu frustant, est sonore. Pendant les répétitions la prise de son de la petite caméra faisait que les voix des chanteurs n’étaient toujours pas des plus audibles.

Pour découvrir les travaux de Roger Sargent, vous pouvez jeter un coup d’oeil par ici.

Pout ceux qui n’ont pas pu avoir de place pour aller au forum ou qui habitent trop loin, le DVD devrait sortir fin février, début mars d’après les souvenirs du photographe.

Léviathan, vol.1 : la chute, Lionel Davoust

Léviathan, vol.1 : la chute, Lionel Davoust, éd. Don Quichotte, 402 p.

Quatrième de couverture.

1984 au large des côtes canadiennes. Surpris par une redoutable tempête, le ferry Queen Alberta fait naufrage. Parmi les rares rescapés, le petit Michael Petersen, sept ans, a vu ses parents disparaitre dans la tourmente. 2011, Los Angeles, Michael, désormais adulte et père d’un petit garçon, nourrit à l’égard de cette mer qui lui a tout pris une fascination mêlée de peur. Devenu chercheur en biologie marine, il se porte volontaire, malgré l’appréhension et la culpabilité d’abandonner les siens pour une mission dans les glaces de l’Antarctique.

Or, il est loin de se douter que cette expédition suscite l’inquiétude au sein d’une mystérieuse organisation séculaire, le Comité, dont les membres ont développé au fil du temps des pouvoirs supérieurs aux capacités humaines. Un de leurs agents, Masha, est personnellement chargé de veiller à la bonne marche d’une machination que le chercheur risquerait de mettre en péril. Ses directives sont claires : Michael ne doit jamais atteindre l’Antarctique.

Cependant, Masha refuse d’accomplir aveuglément sa mission : elle est bien déterminée à percer le secret qui entoure Michael. Car ce dernier représente pour elle plus qu’une simple cible. D’Amérique en Antarctique, de complots en trahisons, Michael et Masha, alliés qui s’ignorent, courent le risque de jouer contre leur propre camp, tout en s’exposant à la haine de leurs adversaires.

Quoi d’autre ?

Le Léviathan est un monstre mythique de la bible. C’est l’évocation d’un cataclysme terrifiant capable de modifier la planète, et d’en bousculer l’ordre et la géographie, sinon d’anéantir le monde. Léviathan c’est aussi un essai de Thomas Hobbes. Le léviathan est un mystère…

Chaque livre qui arrive chez moi a une histoire. Celle de Léviathan commence aux Utopiales de Nantes. L’occasion d’écouter les auteurs converser et, les minutes passant, de se dire “faut que j’aille voir ses romans”. Donc voilà, j’ai croisé Lionel Davoust et je suis reparti avec Léviathan. Et bien j’ai eu raison. J’ai dévoré ce roman (bon j’ai mis du temps sur la fin mais c’est la faute du métro où je pouvais pas ouvrir un livre).

Tout d’abord le style est très agréable, la lecture glisse. Et il faut le noter car ce n’est plus tout le temps le cas de nos jours. Parce que si la lecture est facile, cela ne veut pas dire sans style et sans référence dans ce roman. Les histoires de Michael et Masha sont en parrallèle tout au long du roman pour se rejoindre vers la fin du roman quand le rythme s’accélère.

Le plus dur… Arrivé à la fin du roman et se dire. zut faut attendre la suite. La dernière fois que j’ai eu envie d’enchaîner sur une suite sans même lire autre chose c’était avec la série l’assassin royal de Robin Hobb. j’ai adhéré tout de suite à l’univers des mages et du Comité. Bon maintenant je veux percer le secret de Michael autant que Masha. Le décor en Antarctique est dépaysant, glacial et attirant.

N’hésitez-pas à vous plonger dans l’univers de Léviathan.

SWAP du NOUVEL AN

Alors quand Craklou m’a dit, il y a un SWAP Nouvel An, je n’ai pas hésité, surtout que c’était l’ocassion de swapper ensemble.

Voilà les paquets avant le déballage, oui pour fêter le passage de  la nouvelle année, nous avons accompagné l’échange d’un verre.

Une fois déballés, j’ai découvert :

Les deux romans de Carlos Ruiz Zafon pour parler du temps (voui 2012 compte double), le roman de Pierre Lemaitre, robe de marié.

Je n’ai plus d’excuses : cette année je surveille mon magnésium avec mes recettes au nutella, je pourrai accompagner mes recettes de bon chocolat chaud.

ET là on peut dire que les grands esprits se rencontrent parce que cette année Craklou et moi nous verrons le temps passé et noterons nos petites soirées sur cette agenda :

Merci beaucoup à l’organisatrice et ma swappée

La Source, Jean-Guillaume Bart

La Source, Jean-Guillaume Bart, Opéra national de Paris.

L’histoire.

La Perse légendaire et fantastique sert de décor aux amours contrariés du chasseur Djemil, de la belle Nouredda et de l’esprit de la source, Naïla.

Quoi d’autres ?

Détail important : Christian Lacroix est le costumier. Et les costumes étaient réussi. Jean-Guillaume Bart a lui réussi les ensembles chorégraphiques du ballet.

J’ai beaucoup aimé le ballet. Le décor et les costumes sont une réussite. Mais j’ai un petit coup de gueule a poussé : un samedi soir PAS UNE SEULE ETOILE sur scène. Et les premiers danseurs étaient bons mais ce n’est pas pareil. La participation de Swarovski pour les costumes les faisaient briller et s’allier très bien aux fastes de la cour perse et au monde fantastique de la source. Le rôle de Zael était magnifique et sûrement l’un de mes préférés des personnages solo, les ensembles dansés étaient d’une chorégraphie enthousiasmante et très rythmée. La première partie était en rythme et entrainante, la seconde s’essouflait un peu. Un ballet au visuel beau mais avec des ratés dans la danse.

Belle soirée tout de même. Et le retour de Chrisitan Lacroix à ses premiers amours. Ses collections en étaient toujours aux couleurs et aux broderies éclatantes. Au fond, le monde des costumes et de la scènes n’étaient jamais loin de ses créations.

Quelques articles sur les costumes :

sur le site de l’express

les photos d’Agathe Poupeney

un petit reportage sur le site de La Croix

 

 

 

Cleer, Be yourself, L.L. Kloetzer

Cleer, une fantaisie corporate, L.L. Kloetzer, éd. Denoël, 350 p.

Quatrième de couverture

Cleer est un concept, une idée flottant dans l’éther, une pure lumière. Cleer est une corporation, une multinationale d’aujourd’hui et de demain, tendant vers l’absolu. Vinh et Charlotte participent de cet effort. Ils sont des consultants spéciaux, ils résolvent des problèmes mettant en jeu le bien le plus précieux du groupe : son image. Pour eux, les cas de diparitions, les épidémies de suicides, les contaminations transgéniques. Il défendent la vérité, la transparence, la fluidité de l’information, les intérêts des actoinnaires. Ils sont l’ultime ressource contre la superstition et le chaos. Ils sont la Cohésion Interne.

Cleer est le témoignage d’un univers professionnel aux limites de l’incandescence.

Quoi d’autre ?

Je pense que la sensation finale que j’ai ressentie en fermant le livre est insaisissable.

Revenons maintenant un peu en arrière, aux Utopiales. Cleer et ses co-auteurs, très sympathiques, y ont reçu le premier prix des blogueurs . Pas d’hésitation donc de mon côté, l’objet a atterri dans ma valise.

Et ce n’est pas un objet comme les autres. C’est une fantasie (pas de l’aventure ou de la science-fiction), cinq nouvelles écrites à quatre mains indépendantes et qui ont pourtant une cohérence chronologique (chaque nouvelle nous en apprend plus sur les personnages et leur évolution). Les auteurs nous introduisent dans l’univers d’une entreprise, et même si les actions se passent autant en extérieur que  dans l’entreprise, on se trouve dans un huis clos. La forme du roman est originale et se retrouve dans l’objet physique du livre (couverture, graphisme, présentation)  et dans le style : l’entreprise est partout. Au moins, tout le propos est assumé. Cleer est un concept, le livre est un concept, l’histoire est un concept, le style et l’écriture est un concept.

Revenons à ma première phrase : insaisissable : parce qu’il y a des côtés obscurs du roman qui n’ont pas forcément de réponse hormis celles que voudra donner le lecteur. J’ai adoré les trois premières nouvelles, je me suis moins laissé convaincre par les deux dernières. Le monde de l’entreprise est décris dans toute la froideur du monde actuel : celui où l’humain n’a plus la même place. Vinh et Charlotte sont les deux personnages que nous suivons. Vinh apparait très vite comme antipathique et pourtant j’ai beaucoup aimé ce personnage. Oui, la promotion passe avant tout, oui il est froid, oui il n’est presque plus humain, mais il a totalement conscience de cela et l’assume. C’est ce que j’ai apprécié dans ce roman, pas de jugement de valeur, juste une description. On prend l’histoire de Vinh et Charlotte et on ne sait pas vraiment la fin. Il font leur choix.  Charlotte est sensible, se questionne, laisse place à l’intuition. Et elle apparait vite comme un élément plus efficace que Vinh pour trouver les réponses. Le duo parfait d’un certaine manière.  Le monde informatique est très présent, il faut se laisser porter et ne pas se bloquer sur le vocabulaire (j’adore les technologies et je passe mon temps à chercher et conserver de l’information donc cela me parlait. Mais je ne sais pas si tout le monde accroche pareil). Les nouvelles sont à la fois totalement réelles et irréelles, un peu comme le monde des grandes entreprises non ?

Le petit élément frustant : plein de références et je suis sûre que j’en ai raté zut zut zut.

Donc Laissez-vous tenter par la méthode Karenberg et retournez au travail une fois le livre fini.

La vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe.

La vie très privée de Mr Sim, Jonathan Coe, Gallimard, 441 p.

Votre brosse à dent qu’en pensez-vous ?

Quatrième de couverture :

Maxwell Sim est un loser de quarante-huit ans. Voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s’accepte tel qu’il est et trouve même certaine satisfaction à son état. Mais voilà qu’une proposition inattendue lui fait traverser l’Angleterre au volant d’une Toyota hybride, nantie d’un GPS à la voix bouleversante dont, à force de solitude, il va tomber amoureux. Son équipée de commis-voyageur, représentant en brosses à dents dernier cri, le ramène parmi les paysages et les visages de son enfance, notamment auprès de son père sur lequel il fait d’étranges découvertes : le roman est aussi un jeu de piste relancé par la réapparition de lettres, journaux, manuscrits qui introduisent autant d’éléments nouveaux à verser au dossier du passé. Et toujours Max pense à la femme chinoise et à sa fille, aperçues dans un restaurant en Australie, dont l’entente et le bonheur d’être ensemble l’ont tant fasciné. Va-t-il les retrouver? Et pour quelle nouvelle aventure? Brouillant joyeusement les cartes de la vérité et de l’imposture, Coe l’illusionniste se réserve le dernier mot de l’histoire, qui ne manquera pas de nous surprendre.

Quoi d’autre ?

Alors quoi d’autre, c’est un peu compliqué. J’ai fini le roman il y a un peu moins de 24 heures et je ne sais pas si je dois dire que j’ai adoré ou que j’ai détesté. Je crois que mon sentiment est plus mitigé. Je me suis laissé emporter par l’histoire et ce personnage de Mr Sim, à qui j’ai eu envie de botter le cul une ou deux fois. Mais la narration fait que l’histoire m’a emporté. Arrivée au dernier chapitre, Jonathan Coe est apparu dans toute sa splendeur et a fait preuve d’une entourloupe littéraire. J’ai eu l’impression de me retrouver dans un film de Woody Alen (oui je ne sais pas expliquer de manière argumentée cette impression). Je pense que le résultat attendu de l’auteur est réussi, j’ai été décontenancée. Mince, c’est Jonathan Coe qui a le dernier mot au lieu de laisser le lecteur terminer tranquille soin histoire.

Mais ne laissons pas ce détail (de taille ?) ôter le plaisir de la lecture et enfin de compte le plaisir de la prise de tête post lecture. Il y a des livres qu’on lit pour le plaisir pur et dans lesquels on se glisse tout simplement, il y en a des autres pour lesquels on se torture.

Cela n’empêche que j’ai dévoré les pages les unes derrières les autres, La déchéance lente de Mr Sim nous délecte d’une certaine manière (à chaque évènement on se demande ce qui va suivre) et nous renvoie d’une certaine manière au contexte actuel de la société. Si on me propose un jour de vendre des brosses à dent, je jure de dire non.

Je réalise que mon post ne dit pas grand chose du contenu à part que c’est caustique, rapide à lire et déstabilisant mais c’est ce qu’il me reste de ma lecture. Le reste me parait futile car que le style de Jonathan Coe est plaisant à lire, je pense que si vous ne le savez pas vous le découvrirez en lisant le livre.